REVUE DE PRESSE: INTERVIEW DONNE A ZANGBETO.COM (10 septembre2005)
Voici l'une des 1eres interviews de DN, lors de la promotion de son album "Faux Frères, Vrais Jumeaux"...
STAFF ZANGBETO: Tout d'abord on aimerait vous dire un grand bravo pour la sortie du nouvel album et pour votre grande activité au Bénin en cet été.
DIAMANT NOIR : Merci beaucoup. Si nous en sommes là aujourd'hui c'est surtout grâce à Dieu et grâce nos 2 anges gardiens. Nous en profitons au passage pour saluer tout les fans et autres personnes qui nous soutiennent depuis le début.
S Z: Pouvez vous vous présenter en quelques mots.
D N : Contrairement à ce que les gens pensent, Diamant Noir c uniquement 2 personnes : AMIR et ANOUAR. Nous sommes 2 amis devenus plus que des frères. Anouar c'est le plus discret des deux car pour lui l'album parle de lui-même, et Amir c'est la grande gueule qu'on voit partout. (rires).
S Z: Pourquoi avoir choisi Diamant noir comme nom du groupe?
D N : Doit on parler de l'anecdote qui a conduit à ce nom ou de la signification du nom ? Enfin, pour faire court le nom nous est venu à un concert en Décembre 98, à l'époque on s'appelait Shaolin Clan (rires).On a commencé en tant que BLACK DIAMOND, puis pour faire plus accessible auprès des béninois Diamant Noir.
Diamants car ils sont :
-rares comme on l'espère l'est notre talent,
-éternels (diamonds are forever) comme on le souhaite le restera notre amitié et notre carrière,
-incassables comme nous le restons face à toutes les attaques
Enfin le Diamant brille tout en ayant une valeur, un Diamant c'est le contraire de la superficialité.
Noir cela représente notre couleur de peau, Diamant Noir c'est donc nous : 2 mc's avec un certain éclat rappant sur une caisse clair posée sur un beat sombre....
On espère que les gens y comprendront quelque chose (rires)
S Z: Comment le groupe s'est t'il formé?
D N : On était tout les 2 à l'école Montaigne de Cotonou. Au départ nous étions 4, liés d'abord par le karaté, puis le basket, puis cet amour pour le hip hop. A 14 ans un groupe de l'école nous as abordés pour chanter à un de leur concert parce qu'on avait la dégaine adéquate pour rapper, on s'est donc lancé naturellement. A l'époque on était assez mauvais (rires).Puis on a progressé et encore et encore.
Par la suite, 2 des membres ont arrêtés et nous deux qui étions plus proches avons décidés de tenter notre chance sans laisser tomber les cours.
S Z: De quels coins de Cotonou venez vous ?
D N : C'est une question qui est importante dans la mesure où elle nous permet de rectifier certaines choses. Anouar a habité à Akpkapa et habite désormais vers l'Hôtel du port, quant à moi j'ai toujours habité au Cocotiers .En effet,nous sommes des jeunes qui ont eu de la chance car nous sommes tous les 2 nés dans des familles aisées,mais depuis quand cela devrait il être une honte ?Aussi bien les gens originaires des milieu défavorisés que ceux originaires des milieux aisés ne choisissent pas où ils naissent !De ce fait,on a du mal à comprendre certaines remarques qui portent sur notre origine sociale et autres. Pour être un bon rappeur, l'origine sociale n'a rien à voir dedans et même si nos parents s'en sortent DIAMANT NOIR est en autoproduction et cette argent que nous dépensons dans la promotion vient en grande partie de nos poches (argent gagné en travaillant) et de nos sponsors .On a galéré comme tout les groupes pour se faire entendre et nous tenions à éclaircir ce point. Je vous remercie pour cette question.
S Z : Quelles sont vos origines ethniques ?
D N : Nous sommes tous les 2 yorubas originaires de PORTO-NOVO. Nous en profitons pour passer un message à tous nos frères africains : les origines ethniques ne devraient pas être perçues comme une différence mais plutôt comme une richesse dans nos différents pays. De ce fait, toutes ces guerres et autres génocides n'ont pas de sens. Avant d'appartenir à une ethnie nous sommes tous des êtres humains puis tous des africains donc soutenons nous mutuellement et considérons nos différences comme une preuve de notre diversité plutôt que comme des clivages ou des contrastes insurmontables.
Wooh c une interview sérieuse disdonc (rires).
S Z: Discographie du groupe.
D N : OK, « Faux frères, vrais jumeaux » est le premier véritable opus du groupe. C'est un album de 18 titres enregistrés entre la France et le Bénin.
Auparavant nous avions réalisé une mixtape de 13 titres jamais commercialisée en 2003, et une autre mixtape encore une fois non commercialisée de 17 titres « BXPOLE » avec un membre de Dhalaik et du Private Club d'où a été tiré le fameux « mets toi à l'aise ».
A part ça des featurings ont été réalisé sur les albums de Darkness, et les albums à sortir d'APS, Private Club, d'Excalibur, de South connexion, et d'autres.....
Dernierement, on a vu certains artistes avec qui il y eu des promesses de sons comme BMG et Masterx mais il faut qu'on trouve le temps de les faire !
S Z: « de panam à cotonou on déchire sur un beat sombre » est ce que cette phrase tirée du précédent album peut vous définir ?
D N : Elle est plutôt tirée de la première mixtape. C'était d'ailleurs un featuring avec Jocker rappeur béninois évoluant en France et Logozo d'Ardiess, big up à eux.
On a pas grand-chose à dire dessus, peut être qu'on aurait dû dire de « Paname à Cotonou on essaie de déchirer sur un beat sombre » (rires).On parle pas trop sur nos qualités ou défauts car les gens nous trouvent déjà assez prétentieux comme ça,on laisse le public décider. Mais en tout cas c'est une vieille chanson ! (rires)
S Z: Quelles sont vos participations les plus marquantes à des concerts ou festivals ?
D N : En 1997, on a fait un premier concert au CCF, organisé par l'école Montaigne,puis nous avons suivi avec un second concert organisé par une association pour les vidomengons(enfants maltraités au Bénin) au CCF en 1998.De nombreux autres concerts ont été fait,mais le plus marquant reste celui du 18 août 2005 où pour fêter notre retour et annoncer la sortie de l'album nous avons joué le Centre international de Conférence à guichets fermés par la grâce de Dieu.
D'autres concerts seront prévus pour cette année.
S Z: De quels autres groupes béninois êtes vous le plus proches.
D N : Hum...on peut dire sans hésiter Kaysee Montejano et Polo Orisha, ainsi que Sinohk du Private club et Jay killa de Dhalaik (qui sont avec nous à Bordeaux). Sans oublier notre amie Zeynab et notre gars Logozo d'Ardiess. Dans le milieu tous les artistes se détestent et font comme s'ils s'appréciaient devant les caméras. Même les artistes que nous avons connus avant la musique ont changés depuis notre pseudo « succès ».Les seules qui n'ont jamais été hypocrites envers nous et avec qui nous avons une très bonne relation, c'est-à-dire on peut les appeler sur le champ et chiller avec eux c'est ceux là .Sinohk et Jay killa ont réalisé 10 instrumentaux sur l'album, Kaysee est sur notre album et une connexion devrait s'officialiser dans l'avenir,Logozo aussi est sur l'album,Polo c'est presque un frère et Zeynab c'est l'une des artistes les plus humble et modeste que l'on connaisse. Le reste on a entendu trop de choses pour voir clair à leur sujet. Cependant DIAMANTNOIR n'a de problèmes avec personnes et respecte tous les artistes, connus ou pas.
S Z: Comment voyez vous l'évolution du rap au Bénin ?
D N : On pense que l'évolution du rap Béninois est une bonne chose, il y a cependant des aspects négatifs et positifs.
Le bon coté est que du fait de cette explosion, plus d'oreilles sont prêtes à écouter et demandent même cette musique. Certains artistes de rap béninois ont leur poster dans les chambres de leurs fans aux cotés des posters de 50cent et Jayz !!De plus, des artistes comme nous et Kaysee qui rappons essentiellement en Français trouvons un large public pour nous écouter, ce qui était difficilement possible avant.
Le rap béninois va évoluer et devenir une force en Afrique et plus tard dans le monde, nous le pensons vraiment.
Cela dit, à coté des bons groupes résident des gens attirés par des futilités comme le fait de passer à la télé ou se faire remarquer par telle ou telle fille .Ce sont des gens qui suivent un phénomène de mode et qui font que parfois face à la multiplicité des groupes nuls, le public se fait une mauvaise idée du rap et c'est fort dommage. Il est naturel alors que le public ne retienne que les quatre ou cinq groupes qui sont les plus en vues, au détriment des moins médiatisés mais pas dénués de talent.
S Z: Avez vous des connexions sur Paris, travaillez vous là bas avec des groupes connus en France.
D N : Non pour l'instant .En réalité notre premier objectif était de « conquérir » notre Bénin natal et on n'a pas fini car Cotonou et Porto novo ne font pas tout le Bénin ! Il y a une phrase qui dit un truc du genre ça ne sert pas à grand-chose d'être roi à l'extérieur si on ne l'est pas chez soi.
Cela dit on a travaillé avec des producteurs du Canada et des USA sur cet album, mais personne de très connu. Autant travaillé avec des gens inconnus et talentueux que connus et peu talentueux. Non en fait le mieux c'est de bosser avec des gens connus et talentueux (rires)
S Z: Quels sont vos exemples, vos influences musicales ?
D N : Nos exemples en dehors de la musique reste nos parents et autres membres de la famille. Musicalement parlant ils sont nombreux, autant dans la musique Black que dans la pop-rock.On peut citer Jayz,Talib kweli, R.kelly, Otis redding,Prince,Michael Jackson,KC MONTEJANO,Coldplay,Sagbohan Danialou,GG Vickey,bref ils sont nombreux !
S Z: Certains rappeurs français comme Ol Kainry ou Zoxea sont d'origine béninoise, trouvez vous qu'ils sont assez concernés par le rap au Bénin.
D N : Hum... C'est presque une question piège....Tout ce qu'on peut dire c'est que ces artistes vivent en France et même si ils sont bien implantés dans le milieu là bas, le niveau qu'ils devraient atteindre avec le talent qu'ils ont reste à venir .De ce fait, qu'ils se concentrent plus sur leur carrière actuellement est tout à fait normal. On croit qu'ils sont concernés mais qu'ils préfèrent atteindre une place suffisamment élevée pour ensuite faire profiter les différents artistes béninois. C'est notre avis, il est peut être erroné. En tout cas ce sont de grands artistes et au final chacun vit sa vie avec les raisons qui le pousse (rires).
S Z: Quelques mots sur la sortie de votre album, il a provoqué une certaine effervescence à Cotonou, ça vous inspire quoi ?
D N : On est évidemment agréablement surpris .La réaction du public est magnifique et nous donne chaque fois envie d'aller encore plus loin dans cette voie là. Jusqu'à présent tout se passe très bien, mais on garde les pieds sur terre car si l'on se croit trop haut la chute est d'autant plus terrible. De plus, beaucoup de gens nous apprécient peu car d'autres nous admirent ! C'est le paradoxe du métier ! C'est un rêve que nous réalisons et nous en sommes conscients. Que dieu nous protège et ne le transforme jamais en cauchemar.
S Z: Est ce qu'une promo est prévue pour vous faire connaitre en France et à l'étranger ?
D N : Oui, nous avons l'intime conviction que cette album est international .Espérons que ça se vérifiera.
S Z: Beaucoup de nos membres et nous même aimerions savoir comment se procurer les sapes de votre ligne de vêtements :
D N : Au Bénin,la première vague de tshirts collectors s'est écoulé plus rapidement que prévu !Cependant de nouveaux models en partenariat avec Skykoon sont disponibles au magasin XXL à Cotonou. De plus de retour en France nous les vendrons par un système de VPC
S Z: Trouvez vous que le gouvernement béninois laisse une liberté d'expression assez grande a des groupes comme le votre
D N : Sincèrement oui, mais ce n'est pas pour les bonnes raisons (rires).Ils estiment que notre moyen d'expression ne touche personne donc ils ne voient pas de raisons de le censurer. Cependant, je crois que le gouvernement ne voit pas l'impact de la musique en général, donc oui ils nous laisse nous exprimer mais c'est surtout car ils s'en foutent .On aimerait se tromper quand même ! Il faut cependant reconnaître que le Bénin est une démocratie.
S Z: Selon vous, les élections 2006 au Bénin vont t'elle changer les choses pour vous et votre musique ?
D N : Franchement on préfère dire que oui, en espérant qu'un responsable politique lira cela par hasard et que cela aura un impact sur lui ! Tout en priant que ce sera un impact positif.
Nous avons eu à nous faire approcher par certaines équipes politiques pour les représenter auprès des jeunes, mais quand les élections se termineront que se passera t'il vraiment ?
On ne peut néanmoins s'empêcher de souhaiter que le Bénin évolue c'est notre nation et on l'aime, donc peu importe si les élections améliorent la vie des artistes si le Bénin entier profite des changements. Il y a plus important à faire que s'occuper de nous, il est vrai que les artistes sont un vecteur de communication externe indéniable, mais à quoi bon si ici le peuple souffre ?
S Z: Que pensez vous qu'un site Internet comme le notre, qui porte sur la culture, la musique et le rassemblement des béninois peut vous apporter ?
D N : Beaucoup de bonnes choses. Tout d'abord cela nous permet de toucher de façon instantanée les béninois vivant ici ou à l'extérieur, mais aussi de recevoir leur avis immédiatement. C'est une promotion internationale non négligeable et on ne peut le nier. Nous vous remercions une fois de plus pour l'invitation.
S Z: Nous avons le grand projet de lancer un manifeste de la jeunesse béninoise pour interpeller les candidats à l'élection de 2006, qu'en pensez vous, les medias pourront t'il nous aider d'après vous.
D N : On ne peut pas vous répondre mais nous pensons que oui, en tout cas c'est pour le bien de tous, donc pourquoi refuseraient ils ? Mais s'ils refusaient il faudrait commencer à se poser des questions sur nos médias soit disant indépendants...
S Z: En exclusivité, nous aimerions vous proposer de faire avec tous les autres groupes de rap béninois un titre pour le changement au pays, est ce réalisable est seriez vous d'accord ?
D N : Avec plaisir, nous sommes toujours partant pour aider les bonnes initiatives. Cela permettra également à tous les groupes présents d'enterrer la hache de guerre le temps d'une chanson, car ils se détestent tous (rires)
Il faudrait plus d'initiative comme ça d'ailleurs.
S Z: Quelques mots pour les internautes du site ZANGBETO et pour vos fans a l'étranger.
D N : Merci pour le soutien ça nous as beaucoup aidés car le chemin n'est pas facile. L'album sera disponible à Cotonou dès le mercredi 7 septembre à seulement 3500FCFA pour 18 titres, le lancement s'effectuera au Crystal Palace à partir de 16 heures. En France et autres pays, l'album sera à 10 euros.
S Z: Pour finir, et comme de coutume lors de nos interviews, improvisez nous un petit Freestyle exclusif de quelques lignes.
D N : On est passé sur Zangbeto en coup de vent/avec Chefkouvent/que l'on voit souvent/Yovodounon toi-même tu sais que le Bénin c doux non ?/y a pleins de hobbies/c'est Walaye comme le dit mon gars Oby/on a plus de rimes/ à tous le staff/ et à tous leur taff/ à Zangbeto/on se check et se revoit bientôt/
peace
S Z: Merci pour votre disponibilité et le fait que vous soyez des membres de notre site, peace and good luck
Voici l'une des 1eres interviews de DN, lors de la promotion de son album "Faux Frères, Vrais Jumeaux"...
STAFF ZANGBETO: Tout d'abord on aimerait vous dire un grand bravo pour la sortie du nouvel album et pour votre grande activité au Bénin en cet été.
DIAMANT NOIR : Merci beaucoup. Si nous en sommes là aujourd'hui c'est surtout grâce à Dieu et grâce nos 2 anges gardiens. Nous en profitons au passage pour saluer tout les fans et autres personnes qui nous soutiennent depuis le début.
S Z: Pouvez vous vous présenter en quelques mots.
D N : Contrairement à ce que les gens pensent, Diamant Noir c uniquement 2 personnes : AMIR et ANOUAR. Nous sommes 2 amis devenus plus que des frères. Anouar c'est le plus discret des deux car pour lui l'album parle de lui-même, et Amir c'est la grande gueule qu'on voit partout. (rires).
S Z: Pourquoi avoir choisi Diamant noir comme nom du groupe?
D N : Doit on parler de l'anecdote qui a conduit à ce nom ou de la signification du nom ? Enfin, pour faire court le nom nous est venu à un concert en Décembre 98, à l'époque on s'appelait Shaolin Clan (rires).On a commencé en tant que BLACK DIAMOND, puis pour faire plus accessible auprès des béninois Diamant Noir.
Diamants car ils sont :
-rares comme on l'espère l'est notre talent,
-éternels (diamonds are forever) comme on le souhaite le restera notre amitié et notre carrière,
-incassables comme nous le restons face à toutes les attaques
Enfin le Diamant brille tout en ayant une valeur, un Diamant c'est le contraire de la superficialité.
Noir cela représente notre couleur de peau, Diamant Noir c'est donc nous : 2 mc's avec un certain éclat rappant sur une caisse clair posée sur un beat sombre....
On espère que les gens y comprendront quelque chose (rires)
S Z: Comment le groupe s'est t'il formé?
D N : On était tout les 2 à l'école Montaigne de Cotonou. Au départ nous étions 4, liés d'abord par le karaté, puis le basket, puis cet amour pour le hip hop. A 14 ans un groupe de l'école nous as abordés pour chanter à un de leur concert parce qu'on avait la dégaine adéquate pour rapper, on s'est donc lancé naturellement. A l'époque on était assez mauvais (rires).Puis on a progressé et encore et encore.
Par la suite, 2 des membres ont arrêtés et nous deux qui étions plus proches avons décidés de tenter notre chance sans laisser tomber les cours.
S Z: De quels coins de Cotonou venez vous ?
D N : C'est une question qui est importante dans la mesure où elle nous permet de rectifier certaines choses. Anouar a habité à Akpkapa et habite désormais vers l'Hôtel du port, quant à moi j'ai toujours habité au Cocotiers .En effet,nous sommes des jeunes qui ont eu de la chance car nous sommes tous les 2 nés dans des familles aisées,mais depuis quand cela devrait il être une honte ?Aussi bien les gens originaires des milieu défavorisés que ceux originaires des milieux aisés ne choisissent pas où ils naissent !De ce fait,on a du mal à comprendre certaines remarques qui portent sur notre origine sociale et autres. Pour être un bon rappeur, l'origine sociale n'a rien à voir dedans et même si nos parents s'en sortent DIAMANT NOIR est en autoproduction et cette argent que nous dépensons dans la promotion vient en grande partie de nos poches (argent gagné en travaillant) et de nos sponsors .On a galéré comme tout les groupes pour se faire entendre et nous tenions à éclaircir ce point. Je vous remercie pour cette question.
S Z : Quelles sont vos origines ethniques ?
D N : Nous sommes tous les 2 yorubas originaires de PORTO-NOVO. Nous en profitons pour passer un message à tous nos frères africains : les origines ethniques ne devraient pas être perçues comme une différence mais plutôt comme une richesse dans nos différents pays. De ce fait, toutes ces guerres et autres génocides n'ont pas de sens. Avant d'appartenir à une ethnie nous sommes tous des êtres humains puis tous des africains donc soutenons nous mutuellement et considérons nos différences comme une preuve de notre diversité plutôt que comme des clivages ou des contrastes insurmontables.
Wooh c une interview sérieuse disdonc (rires).
S Z: Discographie du groupe.
D N : OK, « Faux frères, vrais jumeaux » est le premier véritable opus du groupe. C'est un album de 18 titres enregistrés entre la France et le Bénin.
Auparavant nous avions réalisé une mixtape de 13 titres jamais commercialisée en 2003, et une autre mixtape encore une fois non commercialisée de 17 titres « BXPOLE » avec un membre de Dhalaik et du Private Club d'où a été tiré le fameux « mets toi à l'aise ».
A part ça des featurings ont été réalisé sur les albums de Darkness, et les albums à sortir d'APS, Private Club, d'Excalibur, de South connexion, et d'autres.....
Dernierement, on a vu certains artistes avec qui il y eu des promesses de sons comme BMG et Masterx mais il faut qu'on trouve le temps de les faire !
S Z: « de panam à cotonou on déchire sur un beat sombre » est ce que cette phrase tirée du précédent album peut vous définir ?
D N : Elle est plutôt tirée de la première mixtape. C'était d'ailleurs un featuring avec Jocker rappeur béninois évoluant en France et Logozo d'Ardiess, big up à eux.
On a pas grand-chose à dire dessus, peut être qu'on aurait dû dire de « Paname à Cotonou on essaie de déchirer sur un beat sombre » (rires).On parle pas trop sur nos qualités ou défauts car les gens nous trouvent déjà assez prétentieux comme ça,on laisse le public décider. Mais en tout cas c'est une vieille chanson ! (rires)
S Z: Quelles sont vos participations les plus marquantes à des concerts ou festivals ?
D N : En 1997, on a fait un premier concert au CCF, organisé par l'école Montaigne,puis nous avons suivi avec un second concert organisé par une association pour les vidomengons(enfants maltraités au Bénin) au CCF en 1998.De nombreux autres concerts ont été fait,mais le plus marquant reste celui du 18 août 2005 où pour fêter notre retour et annoncer la sortie de l'album nous avons joué le Centre international de Conférence à guichets fermés par la grâce de Dieu.
D'autres concerts seront prévus pour cette année.
S Z: De quels autres groupes béninois êtes vous le plus proches.
D N : Hum...on peut dire sans hésiter Kaysee Montejano et Polo Orisha, ainsi que Sinohk du Private club et Jay killa de Dhalaik (qui sont avec nous à Bordeaux). Sans oublier notre amie Zeynab et notre gars Logozo d'Ardiess. Dans le milieu tous les artistes se détestent et font comme s'ils s'appréciaient devant les caméras. Même les artistes que nous avons connus avant la musique ont changés depuis notre pseudo « succès ».Les seules qui n'ont jamais été hypocrites envers nous et avec qui nous avons une très bonne relation, c'est-à-dire on peut les appeler sur le champ et chiller avec eux c'est ceux là .Sinohk et Jay killa ont réalisé 10 instrumentaux sur l'album, Kaysee est sur notre album et une connexion devrait s'officialiser dans l'avenir,Logozo aussi est sur l'album,Polo c'est presque un frère et Zeynab c'est l'une des artistes les plus humble et modeste que l'on connaisse. Le reste on a entendu trop de choses pour voir clair à leur sujet. Cependant DIAMANTNOIR n'a de problèmes avec personnes et respecte tous les artistes, connus ou pas.
S Z: Comment voyez vous l'évolution du rap au Bénin ?
D N : On pense que l'évolution du rap Béninois est une bonne chose, il y a cependant des aspects négatifs et positifs.
Le bon coté est que du fait de cette explosion, plus d'oreilles sont prêtes à écouter et demandent même cette musique. Certains artistes de rap béninois ont leur poster dans les chambres de leurs fans aux cotés des posters de 50cent et Jayz !!De plus, des artistes comme nous et Kaysee qui rappons essentiellement en Français trouvons un large public pour nous écouter, ce qui était difficilement possible avant.
Le rap béninois va évoluer et devenir une force en Afrique et plus tard dans le monde, nous le pensons vraiment.
Cela dit, à coté des bons groupes résident des gens attirés par des futilités comme le fait de passer à la télé ou se faire remarquer par telle ou telle fille .Ce sont des gens qui suivent un phénomène de mode et qui font que parfois face à la multiplicité des groupes nuls, le public se fait une mauvaise idée du rap et c'est fort dommage. Il est naturel alors que le public ne retienne que les quatre ou cinq groupes qui sont les plus en vues, au détriment des moins médiatisés mais pas dénués de talent.
S Z: Avez vous des connexions sur Paris, travaillez vous là bas avec des groupes connus en France.
D N : Non pour l'instant .En réalité notre premier objectif était de « conquérir » notre Bénin natal et on n'a pas fini car Cotonou et Porto novo ne font pas tout le Bénin ! Il y a une phrase qui dit un truc du genre ça ne sert pas à grand-chose d'être roi à l'extérieur si on ne l'est pas chez soi.
Cela dit on a travaillé avec des producteurs du Canada et des USA sur cet album, mais personne de très connu. Autant travaillé avec des gens inconnus et talentueux que connus et peu talentueux. Non en fait le mieux c'est de bosser avec des gens connus et talentueux (rires)
S Z: Quels sont vos exemples, vos influences musicales ?
D N : Nos exemples en dehors de la musique reste nos parents et autres membres de la famille. Musicalement parlant ils sont nombreux, autant dans la musique Black que dans la pop-rock.On peut citer Jayz,Talib kweli, R.kelly, Otis redding,Prince,Michael Jackson,KC MONTEJANO,Coldplay,Sagbohan Danialou,GG Vickey,bref ils sont nombreux !
S Z: Certains rappeurs français comme Ol Kainry ou Zoxea sont d'origine béninoise, trouvez vous qu'ils sont assez concernés par le rap au Bénin.
D N : Hum... C'est presque une question piège....Tout ce qu'on peut dire c'est que ces artistes vivent en France et même si ils sont bien implantés dans le milieu là bas, le niveau qu'ils devraient atteindre avec le talent qu'ils ont reste à venir .De ce fait, qu'ils se concentrent plus sur leur carrière actuellement est tout à fait normal. On croit qu'ils sont concernés mais qu'ils préfèrent atteindre une place suffisamment élevée pour ensuite faire profiter les différents artistes béninois. C'est notre avis, il est peut être erroné. En tout cas ce sont de grands artistes et au final chacun vit sa vie avec les raisons qui le pousse (rires).
S Z: Quelques mots sur la sortie de votre album, il a provoqué une certaine effervescence à Cotonou, ça vous inspire quoi ?
D N : On est évidemment agréablement surpris .La réaction du public est magnifique et nous donne chaque fois envie d'aller encore plus loin dans cette voie là. Jusqu'à présent tout se passe très bien, mais on garde les pieds sur terre car si l'on se croit trop haut la chute est d'autant plus terrible. De plus, beaucoup de gens nous apprécient peu car d'autres nous admirent ! C'est le paradoxe du métier ! C'est un rêve que nous réalisons et nous en sommes conscients. Que dieu nous protège et ne le transforme jamais en cauchemar.
S Z: Est ce qu'une promo est prévue pour vous faire connaitre en France et à l'étranger ?
D N : Oui, nous avons l'intime conviction que cette album est international .Espérons que ça se vérifiera.
S Z: Beaucoup de nos membres et nous même aimerions savoir comment se procurer les sapes de votre ligne de vêtements :
D N : Au Bénin,la première vague de tshirts collectors s'est écoulé plus rapidement que prévu !Cependant de nouveaux models en partenariat avec Skykoon sont disponibles au magasin XXL à Cotonou. De plus de retour en France nous les vendrons par un système de VPC
S Z: Trouvez vous que le gouvernement béninois laisse une liberté d'expression assez grande a des groupes comme le votre
D N : Sincèrement oui, mais ce n'est pas pour les bonnes raisons (rires).Ils estiment que notre moyen d'expression ne touche personne donc ils ne voient pas de raisons de le censurer. Cependant, je crois que le gouvernement ne voit pas l'impact de la musique en général, donc oui ils nous laisse nous exprimer mais c'est surtout car ils s'en foutent .On aimerait se tromper quand même ! Il faut cependant reconnaître que le Bénin est une démocratie.
S Z: Selon vous, les élections 2006 au Bénin vont t'elle changer les choses pour vous et votre musique ?
D N : Franchement on préfère dire que oui, en espérant qu'un responsable politique lira cela par hasard et que cela aura un impact sur lui ! Tout en priant que ce sera un impact positif.
Nous avons eu à nous faire approcher par certaines équipes politiques pour les représenter auprès des jeunes, mais quand les élections se termineront que se passera t'il vraiment ?
On ne peut néanmoins s'empêcher de souhaiter que le Bénin évolue c'est notre nation et on l'aime, donc peu importe si les élections améliorent la vie des artistes si le Bénin entier profite des changements. Il y a plus important à faire que s'occuper de nous, il est vrai que les artistes sont un vecteur de communication externe indéniable, mais à quoi bon si ici le peuple souffre ?
S Z: Que pensez vous qu'un site Internet comme le notre, qui porte sur la culture, la musique et le rassemblement des béninois peut vous apporter ?
D N : Beaucoup de bonnes choses. Tout d'abord cela nous permet de toucher de façon instantanée les béninois vivant ici ou à l'extérieur, mais aussi de recevoir leur avis immédiatement. C'est une promotion internationale non négligeable et on ne peut le nier. Nous vous remercions une fois de plus pour l'invitation.
S Z: Nous avons le grand projet de lancer un manifeste de la jeunesse béninoise pour interpeller les candidats à l'élection de 2006, qu'en pensez vous, les medias pourront t'il nous aider d'après vous.
D N : On ne peut pas vous répondre mais nous pensons que oui, en tout cas c'est pour le bien de tous, donc pourquoi refuseraient ils ? Mais s'ils refusaient il faudrait commencer à se poser des questions sur nos médias soit disant indépendants...
S Z: En exclusivité, nous aimerions vous proposer de faire avec tous les autres groupes de rap béninois un titre pour le changement au pays, est ce réalisable est seriez vous d'accord ?
D N : Avec plaisir, nous sommes toujours partant pour aider les bonnes initiatives. Cela permettra également à tous les groupes présents d'enterrer la hache de guerre le temps d'une chanson, car ils se détestent tous (rires)
Il faudrait plus d'initiative comme ça d'ailleurs.
S Z: Quelques mots pour les internautes du site ZANGBETO et pour vos fans a l'étranger.
D N : Merci pour le soutien ça nous as beaucoup aidés car le chemin n'est pas facile. L'album sera disponible à Cotonou dès le mercredi 7 septembre à seulement 3500FCFA pour 18 titres, le lancement s'effectuera au Crystal Palace à partir de 16 heures. En France et autres pays, l'album sera à 10 euros.
S Z: Pour finir, et comme de coutume lors de nos interviews, improvisez nous un petit Freestyle exclusif de quelques lignes.
D N : On est passé sur Zangbeto en coup de vent/avec Chefkouvent/que l'on voit souvent/Yovodounon toi-même tu sais que le Bénin c doux non ?/y a pleins de hobbies/c'est Walaye comme le dit mon gars Oby/on a plus de rimes/ à tous le staff/ et à tous leur taff/ à Zangbeto/on se check et se revoit bientôt/
peace
S Z: Merci pour votre disponibilité et le fait que vous soyez des membres de notre site, peace and good luck



